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La France manipule-t-elle le MAK de Ferhat Mehenni contre l’Algérie ?

by athena01
4 avril 2026
in Politique algérienne
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Le refus d’extradition de Axel Belabassi : une décision de justice ou un signal politique ?

La France manipule-t-elle le MAK ? Le 14 mai 2025, la Cour d’appel de Paris a rendu une décision qui a immédiatement enflammé les débats entre l’Algérie et la France : le refus d’extrader Brahim Belabassi, plus connu sous le nom d’Axel Belabassi, considéré comme le n°2 du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Réclamé par la justice algérienne pour 14 chefs d’inculpation, parmi lesquels des accusations gravissimes telles que l’organisation du lynchage de Djamel Bensmail en août 2021 et les incendies meurtriers ayant ravagé la Kabylie, l’homme ne sera pas remis à son pays d’origine. Une décision juridique motivée par des garanties judiciaires jugées insuffisantes par la France, mais que l’appareil médiatique algérien dépeint comme un soutien implicite au projet séparatiste kabyle. Alors, la France parraine-t-elle vraiment le MAK ?

Une décision fondée sur le droit

La justice française a fondé sa décision sur des principes fondamentaux du droit international : la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable et la crédibilité des éléments fournis à l’appui d’une demande d’extradition. Les magistrats de la chambre spécialisée en extradition ont pointé l’absence de preuves matérielles liant directement Belabassi aux crimes reprochés. Les seuls éléments avancés par la justice algérienne se résument à des échanges sur Facebook et la présence de drapeaux kabyles dans des domiciles perquisitionnés.

Plus grave encore, la justice française a constaté que Belabassi avait déjà été jugé et condamné par contumace en Algérie, avant même que la procédure d’extradition ne soit finalisée. Cette précipitation judiciaire viole non seulement la convention d’extradition signée entre la France et l’Algérie en 2019, mais aussi les standards internationaux de justice. Le terme de « justice de téléphone », souvent employé pour qualifier la justice algérienne, prend ici tout son sens : les juges français ont relevé un mélange d’arbitraire, de faibles garanties de procédures et d’éléments à charge mal documentés.

La France manipule-t-elle le MAK ? La distinction essentielle entre justice et politique

Il est crucial de faire une distinction entre l’État français dans son ensemble et les institutions judiciaires qui, en démocratie, fonctionnent de manière indépendante. Le rejet de l’extradition de Belabassi n’est ni un geste politique ni un message d’encouragement au MAK. Il s’agit d’une application stricte du droit.

Cette nuance est volontairement ignorée par de nombreux titres de la presse algérienne, qui voient dans cette décision la preuve d’un complot occidental contre l’intégrité territoriale de l’Algérie. Pourtant, à aucun moment les juges français n’ont exprimé un quelconque soutien aux idées séparatistes du MAK. Le raisonnement juridique se limite à l’insuffisance de preuves et à la crainte qu’un procès impartial ne soit pas garanti en Algérie.

Des soutiens politiques français, mais pas institutionnels

Là où la situation gagne en complexité, c’est lorsqu’on observe la sphère politique française. Si l’État français, en tant qu’institution, ne soutient pas officiellement le MAK ni le gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad), plusieurs personnalités politiques, notamment des députés et sénateurs des Républicains (LR), ont exprimé un soutien clair et répété à la cause kabyle.

Ferhat Mehenni, président de l’Anavad et fondateur du MAK, a été reçu à plusieurs reprises à l’Assemblée nationale et au Sénat français. Ces rencontres, souvent à l’initiative de parlementaires conservateurs, visaient à dénoncer la répression politique en Algérie et à défendre les droits culturels et linguistiques des Kabyles. Certains élus vont même jusqu’à parler du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » pour justifier leur soutien.

Mais il serait erroné d’interpréter ces initiatives individuelles comme la position de la République française. Le Quai d’Orsay, l’Elysée ou Matignon ne reconnaissent ni le MAK ni l’Anavad comme interlocuteurs officiels. Aucune communication diplomatique n’a été émise en ce sens. Ce clivage entre action institutionnelle et lobbying parlementaire est fréquent dans les démocraties occidentales, mais souvent mal compris (ou volontairement méconnu) par les appareils autoritaires.

La France manipule-t-elle le MAK ? Un conflit médiatique et symbolique

La non-extradition de Belabassi est devenue un symbole : pour le pouvoir algérien, elle serait la preuve d’un complot français visant à affaiblir l’unité nationale ; pour le MAK, elle conforte l’idée que la justice française reconnaît l’arbitraire algérien ; pour les observateurs indépendants, elle illustre plutôt les limites d’un système judiciaire algérien discrédité.

Cette affaire révèle surtout un double malaise :

  • d’une part, l’inaptitude de la justice algérienne à convaincre ses homologues internationaux de sa crédibilité ;
  • d’autre part, la difficulté pour l’État français de gérer les conséquences diplomatiques des libertés prises par ses parlementaires.

La France manipule-t-elle le MAK ? instrumentalisé ou acteur politique ?

Il serait hasardeux de voir le MAK comme un simple outil de déstabilisation. Le mouvement porte une réelle base militante, notamment dans la diaspora kabyle en France, au Canada et en Allemagne. Le soutien de certains élus français s’explique aussi par la structuration de cette diaspora, capable d’interpeller les députés et d’influencer le débat politique local.

Néanmoins, le MAK souffre d’un déficit de reconnaissance internationale, et son agenda politique reste extrêmement clivant. Là où certains voient un combat pour l’autodétermination, d’autres y lisent une tentative dangereuse de fragmentation d’un État déjà affaibli. La question kabyle, longtemps enfouie, devient aujourd’hui un facteur de tension diplomatique, exacerbée par des réseaux médiatiques polarisés.

La justice, dernier rempart

L’affaire Belabassi n’est pas une preuve de parrainage français du MAK. Elle est plutôt le révélateur de deux visions antagonistes de la justice : l’une fondée sur la transparence, l’autre sur la raison d’État. Elle montre aussi combien la France marche sur un fil : entre respect des droits fondamentaux et nécessité de ne pas heurter frontalement son partenaire algérien.

Dans cette affaire, la France a choisi la voie du droit. Et le droit, même s’il ne satisfait pas toujours les intérêts géopolitiques, reste le socle indispensable d’une justice digne de ce nom.

 

Autres questions

La France contrôle-t-elle toujours l’Algérie ?

Non. L’Algérie est indépendante depuis 1962, avec sa souveraineté politique et militaire. En revanche, comme beaucoup d’États, elle entretient des interdépendances avec la France (diaspora, commerce, visas, coopération), ce qui alimente parfois des débats sur l’influence. Quel est le problème entre la France et l’Algérie ?

Les tensions viennent surtout de l’histoire coloniale, de la guerre d’indépendance et des mémoires encore sensibles. S’ajoutent des sujets récurrents comme les visas, les expulsions, la coopération sécuritaire et des crises diplomatiques ponctuelles. Quelle est la nationalité de Ferhat Mehenni ?

Ferhat Mehenni est né en Algérie (Kabylie) et a longtemps eu la nationalité algérienne, selon des biographies publiques. Il réside en France depuis des années. Quels sont les pires ennemis de l’Algérie ?

Il n’existe pas de liste officielle et stable de “pires ennemis”. Les rivalités varient selon les périodes et les dossiers (sécurité, frontières, diplomatie). En rédaction, il vaut mieux parler de tensions ou de rivalités plutôt que d’“ennemis”. Pourquoi la France voulait-elle garder l’Algérie ?

Parce que l’Algérie était considérée comme un territoire stratégique, avec des enjeux politiques, économiques et un peuplement européen important. La logique coloniale de l’époque visait aussi le prestige et la projection de puissance. Pourquoi la France était-elle “obsédée” par l’Algérie ?

Le terme est fort, mais la relation est exceptionnellement chargée : 132 ans de colonisation, une guerre violente, puis une interdépendance humaine (diaspora, familles, mémoire). Cette combinaison rend chaque crise plus émotionnelle et politique des deux côtés. Est-ce que les Français sont bien vus en Algérie ?

Cela dépend des personnes et des contextes. Beaucoup distinguent les citoyens des décisions politiques. En période de crise diplomatique, l’opinion peut se durcir, puis se détendre ensuite. Qu’a dit Charles de Gaulle à propos de l’Algérie ?

De Gaulle a marqué les esprits avec “Je vous ai compris” à Alger (1958). Ensuite, il a progressivement défendu l’idée d’autodétermination, ouvrant la voie à l’indépendance. Comment les Algériens appellent-ils les Français ?

Le plus courant reste tout simplement “les Français”. Il existe aussi des surnoms, parfois humoristiques ou péjoratifs, mais ils varient selon les régions et les générations. Pour un site média, mieux vaut rester sur des termes neutres. Pourquoi et comment la France a perdu la guerre d’Algérie ?

Parce que le conflit est devenu militairement coûteux, politiquement ingérable et internationalement contesté. La guerre a aussi fracturé la société française, ce qui a accéléré la solution politique menant aux accords d’Évian (1962). Qu’est-ce que la France a laissé en Algérie ?

Des infrastructures (routes, bâtiments administratifs), mais aussi un héritage lourd : inégalités coloniales, traumatismes et une mémoire conflictuelle. La langue française est restée très présente dans l’administration, l’économie et l’enseignement supérieur. Qui a décidé d’envahir l’Algérie ?

L’expédition d’Alger de 1830 a été décidée sous le règne de Charles X, avec son gouvernement, dans un contexte diplomatique et politique interne. Elle a lancé la conquête qui s’est transformée ensuite en colonisation. Le français est-il en déclin en Algérie ?

L’État promeut l’arabe et tamazight, mais le français reste très utilisé dans l’économie, la médecine, l’ingénierie et les médias. On parle plutôt d’un rééquilibrage que d’une disparition. Est-ce que la France donne de l’argent à l’Algérie ?

Oui, il existe une aide publique au développement et des financements via des programmes de coopération. Les montants varient selon les années et les définitions retenues. Comment appelle-t-on les Français qui vivaient en Algérie ?

On les appelle le plus souvent les “pieds-noirs”, notamment pour les Européens d’Algérie rapatriés en 1962. Le terme a une histoire et peut être sensible selon les mémoires.

Tags: À la UneFerhat MehenniFranceFrance-AlgérieGouvernement provisoire kabyleSénat français
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