Ce qui n’était au départ qu’un enlèvement mystérieux devient aujourd’hui une affaire d’État. Le quotidien Le Parisien a révélé le 9 avril 2025 de nouveaux éléments accablants dans l’Affaire AmirDZ, impliquant directement des agents diplomatiques et des services secrets algériens dans un projet présumé d’assassinat politique sur le sol français. Ce scandale, en pleine instruction, soulève des interrogations majeures sur l’implication d’un État étranger dans des activités clandestines en Europe.
Affaire AmirDZ : Un kidnapping à visage masqué
Le 29 avril 2024, AmirDZ est intercepté en pleine rue, dans une mise en scène imitant une arrestation policière. Menotté, embarqué, séquestré pendant 27 heures, il est drogué et enfermé dans un container surveillé par une femme masquée. Ce n’est que lorsque ses ravisseurs découvrent qu’il est un opposant politique célèbre qu’ils paniquent et décident de le relâcher, en pleine forêt, à 3h du matin.
Sa voiture est retrouvée calcinée. Une analyse toxicologique confirme qu’il a été drogué. Trois éléments matériels que les enquêteurs qualifient de déterminants.
Une instruction requalifiée en affaire antiterroriste
Initialement traitée comme une affaire de droit commun, l’affaire est reprise par :
- La DGSI (renseignement intérieur)
- La section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris
La justice française retient désormais des chefs d’inculpation lourds :
- Enlèvement et séquestration
- Association de malfaiteurs
- Espionnage
- Intelligence avec une puissance étrangère en vue de susciter des actions hostiles
Ce dernier chef confirme que l’enquête vise une implication étrangère directe, en l’occurrence algérienne.
Affaire AmirDZ : Des liens établis avec le consulat d’Algérie à Créteil
Selon Le Parisien, les enquêteurs français soupçonnent un diplomate algérien — en réalité un officier des services secrets sous couverture — d’avoir établi des contacts avec les ravisseurs. Ce diplomate, également impliqué dans une autre affaire d’espionnage révélée en décembre 2024, aurait transmis des informations sensibles sur des opposants, via une employée de l’OFII manipulée par un fonctionnaire franco-algérien.
Le nom de ce diplomate coïncide avec celui d’un des deux visés par les mandats d’arrêt évoqués dans l’article sur les rebondissements judiciaires.
Des témoignages accablants
Les suspects arrêtés en mai 2025 auraient reconnu :
- Avoir agi sur instruction
- Avoir été trompés sur l’identité de leur cible
- Avoir compris en cours d’opération qu’il s’agissait d’un activiste, non d’un trafiquant
Ils auraient exigé davantage d’argent du commanditaire, qui aurait refusé. Ce conflit financier aurait motivé la libération d’AmirDZ.
Une affaire aux ramifications multiples
L’enquête révèle des ramifications entre :
- Milieux mafieux français
- Communauté gitane
- Services algériens opérant sous couverture diplomatique
Cette complexité renforce les soupçons d’une opération d’État utilisant des moyens clandestins. Certains observateurs parlent d’une tentative d’enlèvement pour livrer AmirDZ à un autre pays ou le faire disparaître.
Une bombe diplomatique en devenir
Si la justice française confirme une implication directe de l’État algérien, l’affaire prendra une ampleur inédite. Il ne s’agira plus simplement de diplomates zélés, mais d’un usage systématique de la diplomatie à des fins d’intimidation politique.
La France pourrait alors :
- Délivrer des mandats d’arrêt internationaux
- Demander la levée de l’immunité diplomatique
- Expulser des représentants algériens
Conclusion
L’affaire AmirDZ n’est plus un simple fait divers. Elle s’inscrit désormais dans une logique de guerre informationnelle et de répression transnationale. Les révélations successives alimentent une inquiétude croissante : l’Algérie a-t-elle tenté de faire taire un opposant politique en exil sur le sol européen ?
À ce stade, seules l’instruction judiciaire et la communication officielle du parquet antiterroriste permettront de lever définitivement le voile. Mais d’ores et déjà, cette affaire marque un tournant inquiétant dans les relations franco-algériennes.
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