L’influence des Émirats arabes unis en Afrique du nord suscite de profondes inquiétudes à Alger. Face à cette présence étrangère grandissante, l’Algérie adopte une stratégie défensive pour préserver sa souveraineté régionale.
Depuis plusieurs années, l’influence des Émirats arabes unis en Afrique du nord s’intensifie à travers des investissements ciblés, des alliances diplomatiques affirmées et des actions de soft power. Cette stratégie régionale, portée par Abou Dhabi, entre en collision frontale avec les intérêts de l’Algérie, qui se voit peu à peu reléguée au second plan.
L’influence des Émirats arabes unis en Afrique du nord passe par le Maroc
Le Maroc est devenu un partenaire privilégié des Émirats. Abou Dhabi y finance des projets stratégiques dans l’énergie, les transports, le tourisme et les infrastructures. Mais c’est l’ouverture d’un consulat émirati à Laâyoune, en territoire sahraoui disputé, qui a cristallisé la rupture avec Alger. Cette initiative est perçue comme un soutien direct à la position marocaine, en contradiction avec la diplomatie algérienne.
Ce rapprochement avec Rabat s’inscrit dans une logique d’extension de l’influence des EAU en Afrique du nord , qui ne se limite pas à l’économie. Il s’agit aussi d’un positionnement stratégique, qui redessine les rapports de force dans la région.

Une réaction algérienne axée sur la souveraineté et la sécurité de l’eau
Consciente des enjeux, l’Algérie renforce ses capacités internes, notamment sur des secteurs stratégiques comme la sécurité hydrique. En proie à un stress hydrique sévère, le pays dépend de ressources souterraines surexploitées. Pour éviter toute dépendance technologique ou financière, Alger a lancé un programme ambitieux de dessalement et de traitement des eaux usées, avec un objectif clair : protéger sa souveraineté.
Dans ce contexte, toute proposition étrangère, même techniquement séduisante, est examinée avec méfiance, en particulier si elle provient d’acteurs comme les Émirats, dont la diplomatie économique est perçue comme une arme d’influence.
Une influence des Émirats arabes unis en Afrique du nord qui s’étend au Sahel
L’influence des EAU en Afrique du nord s’étend également vers le sud. Au Sahel, les EAU ont développé des partenariats militaires et sécuritaires, notamment avec des juntes issues de coups d’État. Cette présence accrue irrite Alger, qui considère la région comme une zone d’influence traditionnelle et un levier de stabilité.
L’affaire Belghit, du nom de cet historien algérien ayant tenu des propos polémiques sur l’amazighité sur une chaîne émiratie, a renforcé la défiance. Pour l’Algérie, la diffusion de ce discours sur une antenne étrangère constitue une ingérence culturelle et politique.
Conclusion : une guerre d’influence aux multiples visages
Le renforcement de l’influence des Émirats arabes unis dans cette région bouscule les équilibres stratégiques. Pour Alger, il ne s’agit pas seulement d’une rivalité économique ou diplomatique. C’est une question de souveraineté nationale et d’autonomie stratégique dans une région de plus en plus convoitée.
La réponse algérienne s’appuie sur une diplomatie plus active, une reconquête de ses partenariats historiques et une volonté de préserver ses intérêts vitaux. Mais face à la puissance financière et au pragmatisme géopolitique d’Abou Dhabi, la bataille s’annonce longue.

