Tebboune et Tosyali au cœur d’une enquête américaine sur des subventions massives, du dumping et un possible détournement des ressources publiques.
Le dossier Tebboune et Tosyali change de dimension. Pendant des années, le pouvoir algérien a présenté le complexe sidérurgique d’Oran comme un succès industriel. Cependant, une enquête officielle menée par le United States Department of Commerce contredit ce récit. Selon les autorités américaines, la filiale algérienne du groupe turc Tosyali Holding aurait vendu son acier à des prix artificiellement bas.
Pourquoi ?
Parce qu’elle aurait bénéficié de subventions massives financées par l’État algérien.
Tebboune et Tosyali : un soutien énergétique hors norme
La sidérurgie consomme énormément d’énergie. Le gaz et l’électricité représentent une part essentielle des coûts. Or, selon la détermination préliminaire américaine, Tosyali Algérie a bénéficié :
d’un gaz à tarif fortement subventionné,
d’une électricité à prix réduit,
d’un accès prioritaire aux ressources énergétiques.
Ainsi, l’entreprise a pu produire à un coût très inférieur aux standards internationaux. En conséquence, elle a pu exporter à des prix imbattables.
Des avantages fiscaux prolongés au-delà des délais initiaux
Au départ, les autorités ont présenté ces exonérations comme temporaires. Pourtant, les avantages auraient dépassé les délais classiques d’incitation.
Tosyali aurait bénéficié :
d’exemptions fiscales,
d’allégements douaniers,
d’un accès foncier avantageux,
de financements issus de banques publiques.
Autrement dit, l’entreprise n’a pas seulement reçu un coup de pouce initial. Elle aurait profité d’un soutien structurel.
Le dumping au cœur du scandale
Le point central du dossier Tebboune et Tosyali concerne le dumping. Les autorités américaines estiment que les barres d’armature exportées vers les États-Unis ont été vendues jusqu’à 72,9 % en dessous de leur valeur normale estimée. Ce chiffre change tout. En réponse, Washington a annoncé :
des droits compensatoires de 72,9 %,
des droits antidumping cumulés pouvant atteindre 127 %.
Si ces taux sont confirmés, le marché américain deviendra inaccessible.
Qui paie réellement ces “cadeaux” ?
Chaque subvention énergétique a un coût. Chaque exonération fiscale réduit les recettes publiques. Chaque crédit accordé par une banque publique engage des fonds nationaux. Par conséquent, ce soutien repose indirectement sur le contribuable algérien. Pendant que Tosyali exporte, l’État assume le manque à gagner.
Un risque de contagion européenne
Aujourd’hui, l’enquête américaine fragilise la position internationale de l’Algérie. Demain, l’Union européenne pourrait ouvrir une procédure similaire. Dans ce cas, l’accès aux principaux marchés serait menacé. De plus, l’image commerciale du pays subirait un choc durable.
Tebboune et Tosyali : une fragilisation politique majeure
Le dossier dépasse le commerce. Il pose une question centrale :
Pourquoi un investisseur étranger bénéficie-t-il d’un soutien aussi massif ?
D’autant plus que le secteur sidérurgique ne produit pas une technologie stratégique comparable à l’aéronautique ou au numérique. Si les conclusions américaines se confirment, le pouvoir devra s’expliquer.
Le dossier Tebboune et Tosyali ne relève plus de la polémique interne. Il s’appuie désormais sur une enquête officielle étrangère, encadrée par le droit commercial international. D’un côté, le discours officiel parle de réussite industrielle. De l’autre, Washington évoque des subventions massives et un dumping structuré. La décision finale attendue en mars 2026 sera décisive.
Cependant, une chose est déjà claire : l’affaire Tebboune et Tosyali place la gestion des ressources publiques algériennes sous surveillance internationale.



