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L’entourage de Tebboune directement ciblé dans le gel des biens en France

by MohamedAli.A
4 avril 2026
in Économie, Politique algérienne
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Depuis la fin du mois de mai 2025, un nouveau front s’est ouvert dans les relations déjà tendues entre Paris et Alger. Vingt personnalités issues de l’entourage de Tebboune font désormais l’objet de menaces de gel de leurs avoirs bancaires et de leurs biens immobiliers en France. Une initiative sensible de la part des autorités françaises, qui marque un tournant dans la gestion des intérêts financiers des élites algériennes à l’étranger.

Des sanctions ciblées et stratégiques contre l’entourage de Tebboune

Selon plusieurs sources concordantes, dont le journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, les services français ont dressé une liste de vingt personnalités clés du régime algérien. Il ne s’agit ni d’anciens dignitaires à la retraite, ni de figures marginales de l’appareil d’État, mais bel et bien de hauts responsables en exercice, directement liés à la présidence ou aux sphères du pouvoir.

Les profils visés sont variés : ministres en fonction, anciens directeurs de cabinet, conseillers officieux ou responsables de la communication présidentielle. Tous sont soupçonnés d’avoir acquis, de manière illégitime ou au mépris de la réglementation algérienne sur les transferts de capitaux, des biens immobiliers et financiers en France.

Des noms commencent à émerger parmi l’entourage de Tebboune

Bien que les autorités françaises restent officiellement discrètes, certains noms commencent à circuler. L’ancien directeur de cabinet du président Tebboune, Abdelaziz Khalef, figure parmi les personnalités citées. Propriétaire présumé d’appartements à Paris enregistrés au nom de sa fille, Khalef aurait investi en France depuis des années, selon les informations de Mohamed Sifaoui.

D’autres noms suivent : Kamel Sid, haut responsable de la communication présidentielle ; Walid Saïdi, ministre actuel des Sports ; Salah Goudjil, ancien président du Conseil de la Nation, dont le fils Mohamed détiendrait plusieurs appartements à Courbevoie, en banlieue parisienne.

La liste inclurait également Boualem Boualem, actuel directeur de cabinet du président, ainsi que Cherif Rahmani, ex-ministre influent, toujours actif en coulisses et considéré comme un conseiller de l’ombre. Tous sont désignés comme faisant partie intégrante de l’entourage de Tebboune.

Une réglementation algérienne pourtant claire

Les révélations sur la présence de biens immobiliers ou de comptes bancaires en France appartenant à des responsables algériens mettent en lumière une contradiction flagrante avec la législation algérienne. Depuis l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003, complétée par le règlement 07-01 de 2007, il est formellement interdit aux résidents algériens de posséder des avoirs financiers ou immobiliers à l’étranger sans autorisation préalable de la Banque d’Algérie.

En théorie, même les hommes d’affaires doivent obtenir une dérogation exceptionnelle pour investir à l’étranger. Dans le cas de fonctionnaires ou de cadres de l’État, la détention de biens immobiliers à Paris ou à Marseille semble difficile à justifier légalement.

La France prise entre deux feux

La situation met également la France dans une position délicate. D’un côté, les autorités souhaitent répondre aux tensions diplomatiques croissantes avec Alger, particulièrement depuis l’adoption par le régime de Tebboune d’une ligne jugée « antifrançaise ». De l’autre, un gel des avoirs impliquerait une procédure judiciaire longue, coûteuse et politiquement risquée.

Révéler l’ampleur des fortunes accumulées par certains dignitaires algériens sur le territoire français reviendrait aussi à exposer une forme de complicité tacite de l’État français. Pourquoi, pendant des années, avoir fermé les yeux sur l’origine douteuse de ces investissements ? Pourquoi avoir laissé certains individus proches du pouvoir algérien constituer un patrimoine considérable à Paris, dans les Hauts-de-Seine ou sur la Côte d’Azur ?

Entourage de Tebboune: une arme de pression politique

Plus qu’un simple acte de rétorsion, cette menace de gel des biens s’apparente à une stratégie de pression. En agitant cette épée de Damoclès au-dessus des têtes de hauts responsables algériens, la France cherche manifestement à faire plier le régime sur plusieurs dossiers. L’idée est simple : toucher là où cela fait mal – dans le portefeuille.

Cette méthode n’est pas sans rappeler certaines pratiques diplomatiques classiques, où les intérêts personnels deviennent des leviers d’influence. Dans le cas présent, Paris semble utiliser la question des avoirs financiers pour inciter Alger à revoir sa posture à l’égard de la France.

Des conséquences imprévisibles

Si cette affaire venait à se concrétiser devant les tribunaux, les répercussions pourraient être multiples. Sur le plan judiciaire, il s’agirait de documenter l’origine des fonds, d’enquêter sur les transferts, d’examiner les éventuelles sociétés écrans utilisées pour masquer les bénéficiaires réels.

Sur le plan politique, cela risquerait de provoquer un effondrement de confiance entre les deux pays. Pire, une telle exposition pourrait ouvrir la voie à d’autres révélations sur la fortune de centaines de responsables algériens – on évoque le chiffre de 800 personnalités concernées, actuelles ou retraitées.

Un malaise grandissant dans les cercles du pouvoir

Au-delà de la question légale, cette affaire révèle une profonde fragilité au sommet de l’État algérien. L’entourage de Tebboune, censé incarner une politique de rupture avec les pratiques du passé, se retrouve piégé par ses propres contradictions. Dénonciation du néocolonialisme d’un côté, enrichissement personnel en France de l’autre.

Alors que le peuple algérien continue de souffrir de la crise économique, des coupures d’eau et d’électricité, et d’un chômage persistant, le spectacle de ces fortunes cachées à l’étranger alimente un sentiment d’injustice et de colère croissante.

L’affaire du gel des biens de l’entourage de Tebboune en France illustre un paradoxe fondamental dans les relations franco-algériennes. Elle expose non seulement les contradictions d’un pouvoir qui s’enrichit à l’étranger tout en prônant la souveraineté, mais aussi celles d’un pays d’accueil, la France, longtemps complice silencieuse. Un bras de fer est engagé, dont les prochains épisodes pourraient bien révéler l’étendue d’un système opaque, à la croisée des intérêts politiques, financiers et diplomatiques.

Tags: À la UneFranceFrance-Algérieofficiels algériensTebboune
MohamedAli.A

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