L’affaire Amir DZ, longtemps entourée de silence médiatique, connaît depuis quelques semaines un tournant décisif. Des mandats d’arrêt internationaux visant deux diplomates algériens, soupçonnés d’implication dans l’enlèvement d’Amir DZ, ont été annoncés, bouleversant l’équilibre déjà fragile des relations franco-algériennes. Entre révélations troublantes, implications sécuritaires et tensions diplomatiques, cette affaire prend désormais l’ampleur d’un potentiel scandale d’État.
Affaire Amir DZ : Des mandats d’arrêt internationaux en préparation
Le 11 juin 2025, Amir DZ lui-même révèle sur ses réseaux sociaux une information explosive : la justice française s’apprêterait à lancer des mandats d’arrêt internationaux contre deux diplomates algériens. L’information est aussitôt confirmée par le journaliste Mohammed Sifaoui, spécialiste de cette affaire.
Les personnes visées :
- Salahdin Selloum, ex-premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie à Paris
- Mohamed Bouaziz, ex-vice-consul au consulat d’Algérie à Créteil et colonel des services secrets algériens (DGDSE)
Tous deux ont quitté la France en 2024, respectivement en juillet et en décembre. Dès lors, ils ne bénéficient plus de l’immunité diplomatique qui les protégeait.
Des convocations judiciaires ignorées
Selon les informations disponibles, ces deux diplomates ont été convoqués par la justice française à la fin du mois d’avril 2025. Les convocations ont été adressées à l’ambassade d’Algérie, leur dernière adresse connue. Aucun des deux n’a répondu à l’appel du juge d’instruction en charge du dossier, lequel enquête sur des faits extrêmement graves :
- Séquestration
- Enlèvement
- Tentative d’assassinat
- Complicité avec une entreprise terroriste
En l’absence de réponse, leur mise en examen aurait été actée, ouvrant la voie aux mandats d’arrêt internationaux. Si Interpol les accepte, des notices rouges pourraient être diffusées.
Une implication présumée des services secrets algériens
Les deux hommes ne sont pas de simples diplomates. Selon les investigations, Mohamed Bouaziz est un officier de la DGDSE, tandis que Selloum serait un agent de renseignement sans grade élevé. Leur profil renforce l’hypothèse d’une opération pilotée, au moins en partie, par l’appareil sécuritaire de l’État algérien.
La question clé : ces diplomates ont-ils agi seuls, ou sur ordre d’une hiérarchie politique ou militaire ? Pour l’instant, aucune confirmation officielle ne vient éclairer ce point.
Le silence du parquet antiterroriste
Le parquet national antiterroriste (PNAT), directement en charge du dossier, n’a ni confirmé ni infirmé les informations diffusées par Amir DZ et Mohammed Sifaoui. Ce silence s’explique probablement par le secret de l’instruction, mais il n’empêche pas les spéculations d’enfler, notamment dans les médias français spécialisés en sécurité.
Les preuves matérielles s’accumulent
De nouveaux éléments renforcent les soupçons contre les représentants algériens. Michel C., chef de gang d’origine gitane arrêté dans le cadre de cette affaire, aurait avoué avoir été en contact régulier avec l’adjudant-chef Ismaïl R., membre du consulat d’Algérie à Créteil et officier des services secrets. Il aurait été recruté pour organiser le kidnapping d’Amir DZ.
Selon ces aveux :
- Michel C. s’est rendu au consulat pour recevoir des instructions.
- Il a recruté une équipe via un intermédiaire franco-algérien nommé Kamel.
- Il ignorait initialement la véritable identité d’Amir DZ.
Des perquisitions ont permis la découverte d’armes et d’importantes sommes d’argent liquide chez les suspects.
Affaire Amir DZ : Une stratégie de défense figée côté algérien
Les autorités algériennes, par l’intermédiaire de leurs relais médiatiques et diplomatiques, dénoncent une « machination politique et médiatique ». Pour elles, tant qu’aucune instance judiciaire française ne s’exprime officiellement, l’affaire est nulle et non avenue.
Pourtant, les faits s’accumulent :
- L’arrestation d’un adjudant algérien en avril 2024
- Les convocations judiciaires ignorées
- Les aveux partiels et les preuves matérielles
Tout cela alimente une défiance croissante dans l’opinion publique.
Conclusion
L’affaire Amir DZ évolue désormais dans une zone grise, où diplomatie, sécurité et justice s’entrecroisent dangereusement. Si les mandats d’arrêt internationaux sont officiellement confirmés, l’État algérien se retrouvera face à une crise diplomatique majeure. Ce dossier dépasse le simple cadre judiciaire : il pose la question de la protection des opposants politiques en exil et de l’usage des institutions diplomatiques à des fins répressives. L’enquête se poursuit, et l’opinion publique attend des réponses claires.
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